Les marchés du centre de P-au-P sont-ils des zones de non-droit ?

Ancien Marché Public

Selon une étude réalisée en 2012, les marchés du centre de Port-au-Prince comptaient environ 380 mille personnes avec une population de 260 mille clients par jour. Nous ignorons s’ils y sont toujours nombreux, en 2021, mais l’on retiendra que chacun de ces citoyens contribue à l’existence de l’Etat qui semble ne plus exister.


Complicité malsaine
Les marchés relèvent de la compétence des mairies. Les lois de la République consacrent l’autorité administrative et financière de la mairie. Mais pourquoi ne peut-elle pas assurer la protection des vies et des biens de ceux qui effectuent des transactions dans ces espaces ? Jamais on n’a vu, jamais on ne verra ; des policiers assurer la sécurité dans les marchés publics ni dans les parages. La police municipale est une fiction. Quand elle ne l’est pas, elle compose avec les brigands.


L’Etat rançonne-t-il pour le compte des bandits ?
Peut-être ! Et, c’est cette complicité qui tisse le malheur dont souffrent aujourd’hui les marchands au bas de la ville. Le cartel municipal se partage souvent les recettes du marché. Chacun a sa brigade de sécurité associée à des gangs armés. Très souvent, des petits voleurs sont des employés de la mairie. Des directeurs de marchés rançonnent fréquemment les marchands pour le compte des bandits.
Les marchés sont devenus de petits territoires occupés par des chefs de gangs. Cela fait l’affaire des petits voleurs armés et celle des maires qui veulent garder leur poste. Survivre au détriment de l’autre, c’est la règle générale sauf en de rares exceptions.

La PNH n’y peut rien…
Donc, les marchands n’ont pas à compter sur la Police nationale d’Haiti (PNH) pour vivre tranquillement dans les marchés. Des policiers peuvent effectivement effectuer des patrouilles dissuasives dans les parages des marchés mais cela n’éradiquera pas totalement le problème. En termes de proposition, ne faudrait-il pas un grand plan d’urbanisme repensant complètement le centre-ville de Port-au-Prince avec des marchés modernes ?
Une véritable culture de la corruption s’est développée dans les marchés du centre de Port-au-Prince. Les responsables municipaux, non contents de leur salaire, s’unissent avec des bandits pour gagner davantage. Ce, dans la violence ! Jusqu’où peut aller l’esprit de résistance des marchands ?

Robenson D’Haïti
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